Nous avons rendez-vous à l’Université de Strasbourg, dans le bureau baigné de lumière de Frédéric Lassalle. Maître de conférences en linguistique slave depuis près de deux décennies, il est l’un des rares experts français capables de décortiquer la grammaire russe avec une clarté presque mathématique. Entre deux piles de manuscrits et de grammaires historiques, il nous reçoit pour lever le voile sur l’un des piliers les plus intimidants de la langue de Pouchkine : la particule -ся. Cet entretien approfondi vise à déconstruire les mécanismes de ce que l’on appelle communément les verbes pronominaux russes, afin d’offrir aux apprenants francophones des clés de compréhension durables pour passer du niveau intermédiaire à la maîtrise.
Maître de conférences en linguistique slave, Strasbourg
Spécialiste de la morphologie verbale russe et de l'acquisition du russe langue étrangère par les francophones depuis 18 ans.
Qu’est-ce qu’un verbe pronominal en russe ?
Camille Rouher : Frédéric Lassalle, pour commencer cet entretien, pourriez-vous nous définir simplement ce qu'est un verbe pronominal en russe ? Est-ce comparable à ce que nous connaissons en français avec des verbes comme « se laver » ou « se promener » ?
Frédéric Lassalle : C'est une excellente question pour débuter, car en réalité, la comparaison avec le français est à la fois une aide précieuse et un piège potentiel. En russe, ce que nous appelons « verbe pronominal » est un verbe auquel on a adjoint un suffixe particulier : la particule -ся. Historiquement, cette particule est une forme contractée du pronom réfléchi « себя », qui signifie « soi-même ». Si je puis dire, c'est comme si nous avions soudé le « se » français à la fin du verbe plutôt que de le placer devant.Cependant, la grande différence réside dans la morphologie. En français, le pronom change selon la personne (je me, tu te, il se). En russe, la particule est presque invariable, mais elle possède deux formes graphiques : -ся après une consonne et -сь après une voyelle. Prenons un exemple concret : le verbe « умываться » (se laver le visage). À la première personne du présent, cela donne « я умываюсь ». On remarque ici que la particule s’adapte à la terminaison verbale. Pour bien maîtriser ces variations, il est indispensable de comprendre comment s’articule la conjugaison russe et ses trois temps car l’ajout de cette particule ne modifie pas la base de la conjugaison, mais elle en change la perception syntaxique. C’est le piège classique pour les débutants qui oublient de changer -ся en -сь après une voyelle, ce qui rend la prononciation heurtée et incorrecte.
Camille Rouher : Vous parlez de « perception syntaxique ». Cela signifie-t-il que l'ajout de cette particule transforme systématiquement la nature du verbe ou son rapport au sujet ?
Frédéric Lassalle : Exactement. En linguistique slave, on considère que la particule -ся transforme un verbe transitif (qui appelle un complément d'objet direct à l'accusatif) en un verbe intransitif. Si je dis « я мою машину » (je lave la voiture), le verbe est transitif. Si j'ajoute la particule pour dire « я моюсь » (je me lave), l'action ne sort plus du sujet pour aller vers un objet extérieur, elle reste « enfermée » sur le sujet. C'est une nuance fondamentale. Durant mes 18 ans d'enseignement, j'ai remarqué que les étudiants qui saisissent cette notion de « fermeture » de l'action sur elle-même progressent beaucoup plus vite. C'est une modification structurelle de la pensée : on passe d'une action dirigée vers le monde à une action autocentrée ou un changement d'état interne.
Les quatre sens possibles de la particule -ся
Camille Rouher : On entend souvent dire que -ся ne signifie pas toujours « se ». Quelles sont les différentes fonctions que peut prendre cette particule dans la phrase russe ?
Frédéric Lassalle : C'est là que réside toute la richesse, et parfois la frustration, de la langue russe. En réalité, on peut classer les emplois de -ся en quatre grandes catégories sémantiques. Premièrement, le sens réfléchi proprement dit, où le sujet fait l'action sur lui-même. Deuxièmement, le sens réciproque, où plusieurs sujets agissent les uns sur les autres. Troisièmement, le sens passif, très fréquent dans le style administratif ou technique. Et enfin, le sens intransitif ou « moyen », où le verbe exprime un état ou une propriété sans qu'il y ait d'action volontaire.Pour bien naviguer entre ces sens, il faut aussi garder à l’esprit que le choix du verbe sera influencé par l’aspect. La compréhension de la particule est indissociable de celle de l’aspect, et je conseille toujours de revoir les aspects verbaux perfectif et imperfectif pour saisir comment une action réfléchie peut être perçue comme un processus ou comme un résultat. Par exemple, « одеваться » (s’habiller, processus) versus « одеться » (s’être habillé, résultat). Prenons un exemple concret avec le verbe « начинать » (commencer). Sans la particule, il demande un objet : « я начинаю урок » (je commence la leçon). Avec la particule, « урок начинается » (la leçon commence), le verbe devient intransitif et décrit un événement qui se produit.
Camille Rouher : Est-ce qu'il existe un moyen visuel ou systématique pour un étudiant de savoir quel sens est utilisé lorsqu'il rencontre un verbe en -ся dans un texte ?
Frédéric Lassalle : Malheureusement, il n'y a pas de marqueur graphique différent pour chaque sens. C'est le contexte syntaxique qui nous guide. Si le sujet est inanimé, il y a de fortes chances que le sens soit passif ou intransitif. Si le sujet est animé et au pluriel, le sens peut être réciproque. C'est une gymnastique mentale qui devient naturelle avec le temps.
Fonction de -ся Description Exemple russe Traduction Réfléchi Le sujet agit sur lui-même Одеваться S’habiller Réciproque Action mutuelle entre sujets Целоваться S’embrasser Passif L’action est subie par le sujet Дом строится La maison se construit / est construite Intransitif Exprime un état ou une émotion Радоваться Se réjouir

Le sens réfléchi : les verbes de la vie quotidienne
Camille Rouher : Revenons sur le sens réfléchi. C'est sans doute le plus simple pour un Français, car il calque souvent notre structure. Quels sont les verbes incontournables dans cette catégorie ?
Frédéric Lassalle : Ce sont effectivement les verbes de la routine matinale et des soins corporels. Si je puis dire, c'est le « kit de survie » du débutant. On y trouve « мыться » (se laver), « причёсываться » (se coiffer), « бриться » (se raser). Mais attention, le russe est parfois plus précis que le français. Là où nous utilisons « se » de façon générique, le russe va distinguer l'action globale de l'action spécifique.Prenons un exemple concret : « мыться » s’utilise pour le corps entier, alors que « умываться » est réservé au visage et aux mains. C’est le piège classique : un étudiant dira « я мылся » après s’être juste rincé le visage, ce qui sonnera étrange pour un Russe. De plus, il faut noter que certains verbes français pronominaux ne le sont pas en russe. « Se reposer » se dit « отдыхать », sans particule. Pourquoi ? Parce qu’en russe, le repos est considéré comme un état d’être, pas comme une action que l’on s’inflige à soi-même.
À retenir : En russe, la particule -ся ne s’ajoute que si l’action est réellement retournée vers le sujet. Si l’action est un état naturel (comme dormir ou se reposer), la particule est souvent absente, contrairement au français.
Voici une liste de verbes réfléchis essentiels pour le quotidien :
- Просыпаться / проснуться : se réveiller (attention, le lever est « вставать »)
- Одеваться / одеться : s’habiller
- Обуваться / обуться : se chausser (le russe distingue les vêtements des chaussures !)
- Купаться : se baigner (dans la mer ou une piscine)
- Вытираться : s’essuyer
Le sens réciproque : des actions partagées entre deux personnes
Camille Rouher : Le sens réciproque semble plus complexe. Comment le russe exprime-t-il cette idée que l'action est partagée, comme dans « se rencontrer » ou « se battre » ?
Frédéric Lassalle : Le sens réciproque implique que « A fait l'action à B » et « B fait l'action à A » simultanément. En russe, la particule -ся est le vecteur idéal pour cela. Les verbes les plus courants sont « встречаться » (se rencontrer), « целоваться » (s'embrasser), « обниматься » (se serrer dans les bras) ou encore « ссориться » (se disputer). Ce qui est fascinant, c'est que ces verbes imposent souvent une construction avec la préposition « с » (avec) suivie de l'instrumental.Si je puis dire, le verbe pronominal réciproque crée un espace commun entre les deux acteurs. Par exemple, « я встретился с другом » (je me suis rencontré avec un ami). On ne peut pas utiliser la forme transitive sans -ся pour exprimer la réciprocité de la même manière. Si vous dites « я встретил друга », vous l’avez croisé, peut-être par hasard, mais l’idée de rencontre mutuelle organisée est moins forte. C’est une nuance de proximité sociale très importante. En 2026, avec l’évolution des communications, on voit même apparaître des néologismes pronominaux dans le langage numérique pour exprimer ces interactions mutuelles.
Le sens passif : quand l’action se fait « toute seule »
Camille Rouher : Vous avez mentionné le sens passif. C'est souvent ce qui déroute les étudiants, car nous préférons en français la voix passive avec l'auxiliaire « être » ou le pronom « on ». Comment cela fonctionne-t-il en russe ?
Frédéric Lassalle : C'est en réalité une structure extrêmement élégante et fréquente. En russe, plutôt que de dire « La maison est construite par les ouvriers », on dira souvent « Дом строится рабочими ». Ici, « строится » est la forme pronominale de « строить » (construire). Le sujet de la phrase (la maison) ne fait pas l'action, il la subit. La particule -ся sert ici à effacer l'agent ou à le reléguer au second plan.C’est le piège classique dans la lecture de textes techniques ou journalistiques. On rencontre des phrases comme « магазин закрывается в 20:00 » (le magasin ferme à 20h). En français, on utilise aussi le pronominal, mais en russe, cela peut aussi signifier « le magasin est fermé (par quelqu’un) ». Cette forme passive en -ся est principalement utilisée avec les verbes imperfectifs. Pour les verbes perfectifs, le russe préfère généralement les participes passifs courts. C’est une distinction cruciale que j’enseigne dès le niveau B1 pour éviter les lourdeurs de style.
Les verbes qui n’existent qu’avec -ся
Camille Rouher : Il existe des verbes qui portent la particule -ся mais qui n'ont pas de correspondant sans cette particule. On appelle cela des verbes déponents dans d'autres langues. Quels sont-ils en russe ?
Frédéric Lassalle : En réalité, c'est l'une des catégories les plus importantes à mémoriser. Ces verbes n'existent que sous la forme pronominale. On ne peut pas « enlever » le -ся pour retrouver un verbe de base. Parmi [les 100 verbes russes essentiels à connaître](/100-verbes-russes/), plusieurs appartiennent à cette catégorie. Le plus célèbre est sans doute « бояться » (avoir peur). On ne peut pas « боять » quelqu'un. L'action de craindre est intrinsèquement liée au sujet.Il y a aussi « улыбаться » (sourire), « смеяться » (rire), « надеяться » (espérer) ou « стараться » (s’efforcer de). Pour ces verbes, la particule n’a pas de fonction sémantique de « retour sur soi », elle fait partie intégrante de l’identité du mot. C’est une curiosité de l’évolution de la langue : souvent, le verbe de base a disparu au fil des siècles, ne laissant que la forme pronominale.
Verbe exclusivement pronominal Traduction Contexte d’usage Бояться Avoir peur Suivi du génitif Смеяться Rire Souvent avec la préposition « над » Улыбаться Sourire Action spontanée Надеяться Espérer Sentiment interne Гордиться Être fier Suivi de l’instrumental Нравиться Plaire Construction dative
Les pièges les plus fréquents pour les francophones
Camille Rouher : Quels sont les erreurs que vous entendez le plus souvent dans la bouche de vos étudiants strasbourgeois concernant ces verbes ?
Frédéric Lassalle : Le premier piège, et c'est le plus tenace, c'est la confusion entre le verbe transitif et le verbe pronominal lorsqu'on parle de sentiments ou de changements d'état. Prenons un exemple concret : « расстраивать » (contrarier quelqu'un) et « расстраиваться » (se contrarier, être triste). Un étudiant dira souvent « я расстраиваю » pour dire « je suis triste », ce qui signifie en réalité « je contrarie (quelqu'un) ». Il manque le -ся pour ramener l'émotion à soi.Un autre piège classique concerne les verbes de mouvement. Bien que la plupart ne soient pas pronominaux, certains le deviennent pour exprimer des nuances spécifiques. Il faut être très vigilant et bien connaître les verbes de mouvement russes et leurs pièges pour ne pas ajouter de -ся là où il n’a pas sa place. Par exemple, on ne dit jamais « я идусь ». C’est une erreur qui fait souvent sourire les natifs car elle transforme une action de déplacement simple en une sorte d’action réflexive impossible.
Erreur fréquente : Confondre « учить » (enseigner/apprendre quelque chose) et « учиться » (étudier, être étudiant). Si vous dites « я учу в университете », vous dites que vous y enseignez. Si vous y êtes étudiant, vous devez dire « я учусь ». La particule change ici radicalement votre statut social !
Enfin, il y a la question de l’accord du participe passé. En russe, contrairement au français, il n’y a pas de règles complexes d’accord du participe avec le complément d’objet placé devant dans les formes pronominales, car le participe passé passif et la forme en -ся sont traités différemment. Cela simplifie un peu les choses, si je puis dire, mais demande une rigueur constante sur la terminaison de la particule (-ся vs -сь).
Exercices et méthode pour mémoriser les paires de verbes
Camille Rouher : Pour finir, comment conseillez-vous de travailler ces verbes ? Faut-il les apprendre par paires (avec et sans -ся) ?
Frédéric Lassalle : C'est exactement la méthode que je préconise. Apprendre un verbe seul, c'est n'avoir qu'une moitié de l'information. Je recommande de créer des fiches par « familles de sens ». D'un côté le verbe d'action (transitif), de l'autre le verbe d'état ou réfléchi (pronominal). Par exemple : « открывать » (ouvrir quelque chose) / « открываться » (s'ouvrir). En visualisant le mouvement de l'action, on retient mieux.Il est aussi très utile de pratiquer avec des ressources audio pour bien intégrer la prononciation de la particule, qui est souvent très brève. Je renvoie souvent mes élèves vers les ressources pédagogiques de Russkaïa Chkola qui proposent des exercices ciblés sur ces oppositions. La répétition espacée est la clé. On ne maîtrise pas -ся en un jour, c’est une acquisition qui se fait par couches successives, au fur et à mesure que l’on rencontre de nouveaux contextes.
Voici une petite routine d’entraînement :
- Identifier le verbe de base et chercher s’il existe une version en -ся.
- Vérifier si le sens change radicalement (comme pour « находить » trouver / « находиться » se trouver).
- Construire deux phrases : une avec un objet direct, une avec la particule.
- Pratiquer la prononciation de la terminaison -сь après les voyelles des terminaisons de conjugaison (я боюсь, ты боишься…).
5 questions rapides : vrai ou faux
La particule -ся se place-t-elle toujours à la fin du verbe, même après la marque du pluriel ? Vrai. Elle est ce qu’on appelle un postfixe. Elle vient se greffer après toutes les autres désinences, y compris le -те de l’impératif ou le -ли du passé pluriel. C’est une règle absolue en russe moderne.
Tous les verbes russes peuvent-ils recevoir la particule -ся ? Faux. Certains verbes, notamment les verbes d’état pur ou certains verbes de mouvement, ne l’acceptent jamais. Ajouter -ся à « знать » (savoir) ou « идти » (aller) n’a aucun sens grammatical.
La prononciation de -ся est-elle identique à celle de « sa » en français ? Faux. Le « я » final se réduit souvent en un son proche du « a » bref ou du « e » muet selon les régions, et le « с » peut être très mouillé. C’est un son plus sifflant et plus court que notre « sa ».
Un verbe en -ся peut-il être suivi d’un complément à l’accusatif ? Faux dans 99 % des cas. La particule -ся « mange » l’accusatif. C’est sa fonction première : rendre le verbe intransitif. Si vous avez un complément d’objet direct, vous devez retirer le -ся.
Est-ce que -ся et -сь ont exactement la même signification ? Vrai. Ce sont de simples variantes allomorphiques. Le choix entre les deux est purement phonétique : -сь après une voyelle, -ся après une consonne (ou un signe mou).
Les trois conseils finaux de Frédéric Lassalle
- Ne cherchez pas systématiquement le « se » français. Le russe utilise -ся pour exprimer la passivité ou des états là où le français utilise d’autres tournures. Observez comment les Russes décrivent le monde : souvent de manière plus « spontanée » ou « passive » avec cette particule.
- Soignez votre prononciation. La différence entre « я мою » (je lave) et « я моюсь » (je me lave) tient à un petit suffixe. Si vous l’avalez ou le prononcez mal, votre interlocuteur ne saura pas qui fait quoi.
- Faites des listes de paires. Ne mémorisez jamais un verbe pronominal de manière isolée si sa forme simple existe. C’est en comprenant le lien entre les deux que vous saisirez la logique profonde de la langue.
Nous remercions Frédéric Lassalle pour sa disponibilité et son expertise. Cet entretien nous a permis de comprendre que la particule -ся est bien plus qu’une simple terminaison : c’est un outil de précision qui définit la relation entre le sujet et son action. Pour approfondir votre apprentissage, n’hésitez pas à consulter les ressources pédagogiques de Russkaïa Chkola pour mettre en pratique ces notions théoriques.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un verbe pronominal en russe ?
Un verbe pronominal russe est un verbe auquel on ajoute la particule -ся (ou -сь après une voyelle), qui modifie son sens : réfléchi, réciproque, passif, ou création d’un verbe autonome au sens propre.
La particule -ся signifie-t-elle toujours « se » comme en français ?
Non, c’est l’un des pièges principaux : -ся peut indiquer un sens réfléchi (умываться, se laver) mais aussi réciproque (встречаться, se rencontrer), passif, ou un verbe au sens totalement différent du verbe de base (заниматься, s’occuper de/étudier).
Comment savoir si un verbe russe existe avec et sans -ся ?
De nombreux verbes existent sous les deux formes avec des sens différents : начать (commencer quelque chose) vs начаться (commencer, débuter tout seul, intransitif). Il faut apprendre les paires comme des couples de vocabulaire distincts.
La particule -ся change-t-elle la conjugaison du verbe ?
Non, le verbe se conjugue normalement selon son groupe et son temps, puis on ajoute -ся (ou -сь) après la terminaison personnelle, sans modifier les désinences elles-mêmes.
Existe-t-il des verbes russes qui n’existent qu’avec -ся ?
Oui, certains verbes n’ont pas de forme sans -ся, comme бояться (avoir peur) ou смеяться (rire) : la particule fait partie intégrante du verbe et ne peut pas être retirée.